Des activités de prospection à la production et à l’utilisation des ressources qui en sont issues.
Renforcer les capacités des représentants de la société civile et autres parties prenantes au mécanisme de l’Initiative de Transparence dans les Industries Extractive (ITIE) au Tchad, c’est l’objectif de cet atelier qui a eu lieu du 19 au 20 décembre 2011 à la Maison des médias du Tchad.
Plainte des populations et communautés riveraines de la zone du Projet du Tchad à Compliance Advisor/Ombudsman de la Société Financière Internationale (SFI) du Groupe de la Banque Mondiale. Par le Groupe de Recherches Alternatives et de Monitoring du Projet pétrole Tchad-Cameroun (GRAMPTC) et les autres organisations de la société civile (ADICAM, CPPL, CPPN, ROSOC, RESAP)
Au nom des plaignants
N’Djamena, 10 octobre 2011
La plainte concerne le projet pétrolier et d’oléoduc Tchad-Cameroun, approuvé en juin 2000 par le conseil d’administration de la Banque mondiale, et au financement duquel la SFI a contribué à hauteur de Prêt A 100 millions de dollars américains.
La présente plainte globale est déposée pour le compte de vingt cinq mille deux cent vingt (25 220 personnes), appartenant à quatre mille cent sept (4107) ménages, membres des communautés riveraines de vingt cinq villages de la zone d’exploitation du pétrole du bassin de Doba au Tchad qui ont désiré rester anonymes
Deux ans de revenus pétroliers : le Tchad manque encore le rendez-vous de l’utilisation optimale de son budget
Le Tchad dépend toujours de l’aide extérieure en 2004, malgré les revenus pétroliers Il est fondamental qu’un système budgétaire fonctionne bien pour obtenir les meilleurs résultats en matière de développement durable et de lutte contre la pauvreté. Car la pauvreté affecte souvent les couches les plus démunies et parfois, les programmes de réduction de la pauvreté sont bloqués parce que les dépenses qui leur sont affectées sont faibles, la gestion des fonds est faible et il y a un manque de pouvoir politique parmi les classes pauvres qui se croient souvent exclues du système.
Le GRAMPTC a organisé une mission de restitution et de collecte des données SIG dans les champs pétrolifères du Logone Oriental qui a permis de dénombrer plus de 1100 puits pétroliers dans 25 localités/villages.
Zone pétrolière : les conditions d’existence durable des populations riveraines en cause ! La région du Logone oriental est l’une des plus peuplées du pays. Selon le deuxième recensement général de la population et de l’habitat, elle couvre 28.035 km² avec une population de 796.453 habitants, soit une densité de 28,4 habitants au km². Le Logone oriental compte 1027 villages, 42 Cantons, 23 Sous-préfectures répartis dans 6 départements. Sa densité est le triple de la moyenne nationale estimée à 8,4 habitants par Km². Pour lui permettre d’atténuer les impacts de l’exploitation du pétrole, la région a bénéficié de 5% des redevances pétrolières. Malgré l’injection de ces fonds, la région est placée au troisième rang des régions les plus pauvres du Tchad avec 64,7% de populations pauvres selon l’ECOSIT2. Pire encore, la plupart des villages de la région durement impactés par les activités pétrolières n’ont aucune infrastructure hydraulique, ni hospitalière. Les populations continuent encore à boire les eaux des fleuves et rivières pollués par les eaux de ruissellement provenant des bases des opérations de EXXON. Face à cette situation, où est donc l’Etat ?
Les réseaux pétrole et les nouveaux enjeux de l’industrie extractive au Tchad
Né à la veille du projet d’exportation tchadien, le réseau pétrole est constitué des organisations diverses, d’hommes, de femmes et des jeunes, épris de paix, de justice sociale et environnementale, d’équité et d’honnêteté pour la gestion saine, transparente et la redistribution équitable des richesses nationales, la gestion rationnelle des ressources naturelles, le respect de la dignité humaine et l’éveil des consciences. Sa mission : oeuvrer pour une exploitation et une gestion des ressources naturelles respectueuse de l’environnement, des droits des communauté riveraines, des travailleurs et de la population tchadienne pour un développement durable. Ce réseau, qui a aidé à résoudre plusieurs problèmes nés des activités pétrolières, est confronté à des problèmes de leadership, conflits d’intérêts et autres soubresauts qui ont affaibli son efficacité et ont failli disperser les organisations membres. Dans un contexte de développement exponentiel des activités pétrolières et face aux nouveaux défis de l’industrie extractive au Tchad, faut-il se résigner et laisser les populations à leur triste sort ?